Le dossier du budget 2027 suscite de vives tensions institutionnelles au Sénégal. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme des incohérences dans la gestion des textes budgétaires par l’Assemblée nationale, évoquant des manœuvres susceptibles de compromettre l’examen du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027.
À l’origine de cette controverse, une lettre officielle datée du 3 novembre 2026, adressée par le président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire. Dans ce courrier, ce dernier demande le retrait du projet de LFI 2027, à la suite du rejet du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. La commission estime que ce rejet remet en cause les fondements du budget 2027 et réclame une nouvelle version élaborée sur la base de la LFI 2026.
Toutefois, la position du responsable de la commission semble avoir évolué dès le lendemain. Le 4 novembre, une nouvelle convocation a été adressée aux membres de la commission pour une réunion prévue le 5 novembre à 9 heures, en vue de procéder à l’examen du même projet de budget dont le retrait avait pourtant été demandé la veille.
Cette succession de décisions suscite des interrogations au sein de l’exécutif. Le ministère rappelle notamment que l’article 46 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit un délai de convocation d’au moins 48 heures, sauf en cas d’urgence avérée ou de dépôt d’amendements spécifiques.
Sur le fond, le département ministériel tient également à préciser que le rejet d’une loi de finances rectificative ne saurait entraîner automatiquement le retrait du projet de loi de finances de l’année suivante. Pour étayer son argumentation, il cite le précédent de la LFI 2026, adoptée en décembre 2025, avant même l’examen d’une seconde loi de finances rectificative pour le même exercice.
Pour le ministère, ces changements successifs de position s’apparentent à des manœuvres d’obstruction délibérées, susceptibles de ralentir, voire de compromettre, la mise en œuvre de plusieurs chantiers économiques et sociaux prioritaires. Parmi les enjeux évoqués figurent l’assainissement des finances publiques, la relance de l’économie, le règlement des arriérés de paiement et le renforcement de l’accompagnement des populations les plus vulnérables.
Le gouvernement met également en avant le respect des engagements pris envers les organisations syndicales dans le cadre du Pacte de stabilité sociale, dont la mise en œuvre constitue un autre enjeu important du processus budgétaire.
Face à ces tensions, le ministère appelle à davantage de cohérence et de responsabilité dans le traitement des textes financiers. Il insiste sur la nécessité de respecter scrupuleusement les lois et règlements en vigueur, rappelant que les décisions prises dans le cadre de l’examen du budget 2027 auront des conséquences directes sur la conduite des politiques publiques et le quotidien des Sénégalais.
Emedia







