Le partenariat entre le Centre KOPIA Sénégal et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) franchit une nouvelle étape dans le développement de la riziculture en Casamance. À travers le projet RiceSPIA, les deux institutions misent sur la production de semences de qualité, la mécanisation et la commercialisation du riz local pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire du Sénégal.
« En 2026, nous avons mis en place des périmètres de production de semences couvrant 566 hectares, avec la participation de 128 producteurs dans le bassin de l’Anambé, à Kolda, et dans la région de Ziguinchor », explique Kim Young Jun, expert du Centre KOPIA Sénégal. « La production prévisionnelle est estimée à environ 2 000 tonnes, soit 2,5 fois l’objectif initial de 800 tonnes. Nous travaillons principalement avec la variété ISRIZ7 afin de garantir un approvisionnement stable en semences de qualité et d’améliorer la productivité rizicole. »
Pour accompagner cette dynamique, « 15 sessions de formation ont été organisées au profit de 721 producteurs. Elles portent notamment sur le repiquage en lignes, l’espacement des plants, l’utilisation raisonnée des engrais et des herbicides, ainsi que la gestion des maladies et des ravageurs », précise l’expert. Le projet a également fourni des semences, des engrais et des herbicides aux producteurs.
À l’ISRA de Djibélor, Siméon Bassène, responsable de la production de semences de pré-base, souligne l’importance de cette coopération. « Le projet ISRA-KOPIA intervient principalement sur les céréales, notamment le riz en Casamance. Notre variété phare est l’ISRIZ7, utilisée pour la production de semences de pré-base, de semences certifiées et désormais pour la production commerciale destinée à l’alimentation. »
La mécanisation constitue un autre axe majeur du programme. « Le travail manuel ne suffira pas pour emblaver les superficies nécessaires à l’autosuffisance en riz. Il faut aller vers la mécanisation », estime Siméon Bassène. « Grâce aux machines de préparation des pépinières introduites par KOPIA, nous pouvons désormais réaliser en une semaine un travail qui nécessitait auparavant un mois pour couvrir les besoins de cinq hectares. »
Selon Kim Young Jun, « le projet prévoit d’étendre le repiquage mécanisé à 10 hectares en 2027, 100 hectares en 2028 et 500 hectares en 2029 ». Des tracteurs, des repiqueuses, des moissonneuses-batteuses et 100 batteuses à riz sont également envisagés pour améliorer les opérations agricoles.
Le projet ambitionne aussi de valoriser la production locale. En collaboration avec la coopérative KABEKEL KUNAARE, qui compte 1 151 membres dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, KOPIA prépare la commercialisation du riz sous la marque K-Rice CASAMANCE. « En 2027, nous visons la commercialisation de 100 tonnes de riz, un chiffre d’affaires de 70 millions de FCFA et l’ouverture de trois points de vente », annonce l’expert coréen.
Enfin, le Centre KOPIA Sénégal envisage de proposer au ministère de l’Agriculture la désignation du bassin de l’Anambé comme zone spéciale nationale de production de semences de riz. « La Casamance dispose d’un important potentiel agricole. Il faut moderniser les vallées existantes et mieux structurer les coopératives », souligne Siméon Bassène.
« Notre objectif est de renforcer l’autosuffisance en semences de qualité, d’améliorer les revenus des producteurs et de contribuer durablement à l’autosuffisance en riz au Sénégal », conclut Kim Young Jun.
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