Le Sénégal subit une nouvelle dégradation de sa note souveraine. L’agence américaine de notation financière Moody’s a abaissé, jeudi, la note de la dette à long terme en devises étrangères du pays de « Caa2 » à « Ca », accentuant ainsi son classement dans la catégorie hautement spéculative. Il s’agit de la cinquième dégradation consécutive enregistrée par le Sénégal auprès de cette agence.
Dans le même temps, Moody’s a relevé la perspective de la note, qui passe de « négative » à « stable ». Toutefois, cette décision s’accompagne d’un avertissement préoccupant : les créanciers privés étrangers pourraient enregistrer des pertes plus importantes que celles initialement anticipées dans le cadre de la restructuration de la dette sénégalaise, rapporte Reuters.
Cette nouvelle dégradation intervient moins de deux mois après le précédent abaissement de la note du pays à « Caa2 ». Elle fait suite à l’annonce du gouvernement sénégalais, en septembre, de son intention de solliciter une restructuration de sa dette dans le cadre commun du G20.
À l’origine de cette situation financière délicate, la découverte de passifs publics jusque-là non déclarés, qui a considérablement aggravé les indicateurs budgétaires du pays. Ces révélations ont notamment entraîné une réévaluation de l’endettement public, désormais estimé à environ 97 % du produit intérieur brut (PIB).
Face à cette situation, les autorités sénégalaises ont engagé des discussions avec leurs créanciers ainsi qu’avec le Fonds monétaire international (FMI), dans le but de rétablir la viabilité de la dette tout en préservant l’accès du pays aux marchés financiers régionaux.
Malgré les inquiétudes suscitées par cette situation, Moody’s estime que les risques entourant le processus de restructuration sont désormais relativement équilibrés. L’agence justifie ainsi le passage de la perspective à stable par la prise en compte de deux facteurs : les éventuels retards dans les négociations avec les créanciers et les avantages liés à l’appartenance du Sénégal à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Selon l’agence, cette appartenance à l’espace communautaire contribue à limiter les risques de change et les tensions sur la balance des paiements. Elle permet également au Sénégal de conserver son accès aux marchés financiers régionaux, réduisant ainsi le risque d’une détérioration brutale de sa liquidité extérieure.
Cette nouvelle décision de Moody’s intervient dans un contexte économique particulièrement sensible pour le Sénégal, confronté à d’importants défis budgétaires et à la nécessité de restaurer la confiance de ses partenaires financiers. Les prochaines étapes des discussions avec les créanciers et le FMI seront déterminantes pour l’avenir de la dette publique et la capacité du pays à retrouver une trajectoire financière soutenable.
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