Les populations de Nioro du Rip ont donné son nom à un arbre qu’elle a emmené du Togo et qui s’est répandu au Sénégal: « garabu Diana » (l’arbre de Diana), en référence au prénom de cette dame, épouse Fall.
La plante est également appelée « dobali Diana », en allusion à un autre arbre local présentant des caractéristiques extérieures similaires, en termes de feuillage notamment.
Mme Diana Fall, épouse de Mahanta Birima Fall, fonctionnaire international à la retraite, est décédée vendredi 8 mai à Dakar.
Elle a été inhumée le lendemain, samedi 9 mai, au cimetière musulman de Nioro du Rip où cette Sénégalaise d’origine cap-verdienne était bien intégrée à la population locale, parlant parfaitement la langue wolof.
Avec son rappel à Dieu, c’est un emblème végétal du Rip, contrée en déboisement massif nichée sur la rive gauche du fleuve Gambie, qui s’éteint.
L’odyssée végétale part de la fin des années 90, à Lomé, capitale du Togo, où cette ancienne hôtesse de l’air a suivi son époux alors en service au Fonds de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Au moment du retour du couple au Sénégal, Mme Fall a l’idée d’emmener avec elle des boutures de la future plante dont elle deviendra un symbole.
« Après notre arrivée à Dakar, nos bagages sont restés au port pendant une dizaine de jours. Des boutures de la plante s’y trouvaient et ne se sont pas détériorées. Elles ont poussé quand nous les avons replantées », a raconté son époux.
Les boutures poussent merveilleusement sur cette terre fertile du Rip à la végétation largement victime d’une déforestation massive due à la culture de l’arachide et ses migrants « navétanes », cette main d’œuvre agricole importée, pendant la période coloniale jusque dans les années 80, d’Afrique de l’Ouest.
*Ferlo, Casamance, Guinée-Bissau*
Des rares arbres rabougris qui sont restés dans le paysage de Nioro, s’est inséré « l’arbre Diana » , se dressant sur les artères, les devantures et l’intérieur
des maisons de la ville, offrant tout à la fois ombrage et embellissement et parfois fourrage pour le bétail.
De Nioro du Rip et de ses alentours, l’arbre a essaimé à travers le Sénégal, jusqu’en Casamance (sud) et dans le lointain Ferlo ( nord), atteignant la mégalopole dakaroise.
Un témoignage fait état de sa présence en Guinée-Bissau à la faveur de cette dissémination.
Celle-ci a été favorisée par ses facilités de reproduction, à partir d’un simple fragment de végétal planté dans la terre, et sa croissance rapide.
Des scientifiques ont donné leur nom à des arbres qu’ils ont étudiés ou découverts, tel Adansonia (digitata) pour le baobab.
Mme Diana Fall n’était pas de ce cénacle mais a eu le flair de la semeuse, celle par qui la tige du ficus a essaimé loin de sa terre d’origine, loin de la bouture originelle.
Elle a retrouvé le 9 mai sa dernière demeure. Sur son épitaphe, on peut écrire : « çi git Diana Fall. Elle continue de nous couvrir de son ombre ».
Dans l’islam, un arbre planté équivaut à une aumône durable. Les exégètes l’appellent « sadaqa jariya », bénéfique à son auteur(e) aussi longtemps que la plante servira la création.
Dors en paix Diana Fall. Que Dieu t’en rétribue amplement et t’accorde SA miséricorde infinie.
Par Malick Rokhy BA







