L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) a organisé ce mercredi 28 octobre 2026, un atelier d’échanges avec les acteurs de la société civile autour de l’accès et de l’utilisation des données statistiques nationales. À cette occasion, son directeur général, Abdou Diouf, insiste sur l’importance d’une meilleure compréhension des statistiques officielles pour renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité des politiques publiques au Sénégal.
« Il est attendu à l’issue de la journée une meilleure compréhension de la structuration de l’ANSD, une bonne connaissance de ses missions, des normes qui guident ses activités et des principes qui entourent sa production statistique », explique Abdou Diouf. Il indique que cette rencontre devait permettre aux participants de mieux connaître les outils et les canaux de diffusion des données produits par l’Agence.
Le directeur général souligne que cet atelier constitue aussi une occasion pour l’ANSD d’être à l’écoute des besoins des organisations de la société civile. L’objectif est de mieux comprendre leurs attentes et d’identifier les moyens d’y répondre dans le cadre des missions de l’Agence, afin de produire une information utile aux acteurs de la vie économique et sociale.
Abdou Diouf rappelle par ailleurs le rôle central des statistiques dans la gouvernance moderne. « La statistique est un outil essentiel de la gouvernance moderne, en ce sens qu’elle agit à la fois comme outil de transparence, comme instrument de redevabilité, mais également comme un puissant levier stratégique de planification et de pilotage des politiques publiques », a-t-il déclaré.
Pour lui, un dialogue régulier entre statisticiens, acteurs étatiques et non étatiques, chercheurs et professionnels de la presse est nécessaire pour favoriser une utilisation plus pertinente des données. Il estime qu’une meilleure compréhension des chiffres officiels permet de mieux apprécier les progrès réalisés, de mesurer les écarts et d’évaluer les efforts consentis au regard des moyens mobilisés.
Elimane Kane, président de LEGS-Afrique et co-initiateur de la plateforme Difo insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre l’ANSD et les organisations indépendantes de la société civile. Il explique que ces structures utilisent les données statistiques nationales pour alimenter leurs analyses, informer les citoyens et mener des actions de plaidoyer en faveur de politiques publiques adaptées.
« Il y a un besoin réel à notre niveau d’avoir des relations beaucoup plus étroites et directes avec l’ANSD », a-t-il affirmé. Elimane Kane évoque les difficultés rencontrées par les organisations pour accéder à des données plus détaillées, nécessaires pour approfondir leurs études et étayer leurs analyses.
Il plaide pour une meilleure cohérence entre les méthodes utilisées par les organisations de la société civile et celles de l’ANSD dans la collecte et la production des données. Une telle collaboration contribuerait, selon lui, à renforcer la crédibilité des travaux de recherche, à enrichir les analyses et à limiter les difficultés liées au manque de données suffisamment précises.
Pour Elimane Kane, cette rencontre constitue ainsi une première étape vers une collaboration durable et mutuellement bénéfique entre l’ANSD et les acteurs non étatiques. Une coopération qui pourrait profiter aussi bien aux citoyens, utilisateurs des résultats de recherche, qu’aux décideurs chargés de définir et de mettre en œuvre les politiques publiques au Sénégal.
Khady Seck






