La justice sénégalaise franchit une nouvelle étape dans l’enquête sur les événements politico-judiciaires survenus entre 2021 et 2024. Cinq personnes ont été inculpées pour des faits susceptibles d’être qualifiés de crimes contre l’humanité, selon un communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar rendu public ce vendredi 2 octobre 2026.
L’enquête, confiée en août 2025 à la Section de Recherches de la Gendarmerie nationale de Dakar, porte sur plusieurs faits présumés de violences et de violations des droits humains commis dans le contexte des tensions politiques ayant marqué le pays au cours de cette période.
Entre octobre 2025 et septembre 2026, les enquêteurs ont procédé à de nombreuses auditions et exploité différents documents, notamment des pièces médicales. À ce stade, 76 décès ont été répertoriés, dont 41 dans la région de Dakar. Plus de 200 victimes présumées de tortures, de persécutions et de traitements inhumains ou dégradants ont également été recensées.
Au total, 166 témoins et victimes ont été entendus dans le cadre des investigations.
Les diligences effectuées ont conduit à l’arrestation de cinq suspects. Quatre sont poursuivis dans le cadre de faits de torture présumés commis sur l’activiste Pape Abdoulaye Touré. Le cinquième est mis en cause dans l’enquête sur le décès de Mamadou Ndoye, mortellement heurté par un véhicule de police à Bargny.
Le 23 septembre 2026, les juges d’instruction ont inculpé les cinq mis en cause pour crimes contre l’humanité, pour des faits de torture et de meurtre.
La décision concernant leur placement en détention provisoire est toutefois contestée par le parquet. Deux des inculpés ont été placés sous mandat de dépôt, tandis que les trois autres ont été placés sous contrôle judiciaire ou assignés à résidence sous surveillance électronique.
Le Procureur de la République, estimant que la gravité des faits justifiait le placement en détention de l’ensemble des mis en cause, a fait appel de l’ordonnance le 28 septembre 2026.
L’instruction se poursuit. Des commissions rogatoires ainsi que de nouvelles réquisitions ont été délivrées afin de poursuivre les investigations et d’établir les responsabilités dans les différents faits examinés.
Le parquet indique que d’autres procédures pourraient être engagées au fur et à mesure de l’avancée de l’enquête et de l’établissement des responsabilités individuelles.
Emedia








