La Directrice exécutive de CAJUST, Marième Soda Mbacké, a clôturé la session de la Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité (PAC 2026) en appelant les participants à transformer les constats sur les inégalités fiscales et financières en actions concrètes. À ses yeux, Dakar mérite, au terme des échanges de la semaine, le titre symbolique de « Capitale de la justice fiscale ».
« Aujourd’hui, on peut valablement attribuer à Dakar le titre de Capitale de la justice fiscale », a déclaré Marième Soda Mbacké, rappelant que les travaux de la conférence sont consacrés à la recherche de moyens pour « faire progresser un programme de justice fiscale transformateur pour l’Afrique ».
Dès l’ouverture des travaux, CAJUST avait placé la question de la dette publique au cœur des réflexions, en s’intéressant à ses conséquences sur le financement des services essentiels au Sénégal. L’objectif, selon la directrice exécutive, était de réunir les différents acteurs autour des équilibres à trouver entre le respect des obligations liées au service de la dette et la préservation des droits et de la dignité des citoyens.
Marième Soda Mbacké estime que le poids de la dette publique constitue un défi majeur pour les finances publiques, particulièrement dans un contexte où le financement des services essentiels repose largement sur les investissements de l’État. Elle souligne que les projections budgétaires doivent pousser les acteurs à réfléchir aux risques que le service de la dette peut faire peser sur les politiques sociales et la réduction des inégalités.
Pour la responsable de CAJUST, les échanges de la conférence doivent permettre d’approfondir ces réflexions et de dégager des réponses collectives. La PAC 2026 se veut ainsi un espace de dialogue, d’apprentissage mutuel et de partage d’expériences entre institutions, organisations de la société civile, experts et autres acteurs réunis à Dakar. Une dynamique qui, selon elle, doit contribuer à faire émerger « une voix africaine forte » dans les discussions consacrées à la réforme de l’architecture financière et fiscale internationale.
Au-delà du diagnostic, Marième Soda Mbacké a surtout appelé à l’action. La justice fiscale, a-t-elle insisté, ne doit pas se limiter aux constats ni à l’indignation. Elle doit déboucher sur des réponses concrètes afin que les richesses créées sur le continent contribuent davantage au bien-être des populations africaines.
Elle a notamment rappelé l’impact des flux financiers illicites, de la fraude fiscale, de l’opacité financière et des pratiques fiscales abusives sur les économies africaines. Ces phénomènes privent, selon elle, les États de ressources qui pourraient être consacrées à des secteurs essentiels comme l’éducation, la santé, l’accès à l’eau, la protection sociale, l’emploi des jeunes ou encore l’adaptation au changement climatique.
« La justice fiscale n’est donc pas un sujet réservé aux experts. Elle est d’abord et avant tout une question de justice sociale », a-t-elle souligné, rappelant que la fiscalité détermine en grande partie les capacités des États à répondre aux besoins de leurs populations.
La directrice exécutive de CAJUST a également défendu une conception de la mobilisation des ressources domestiques fondée sur l’équité. Pour elle, accroître les recettes publiques ne doit pas conduire à alourdir davantage la pression fiscale sur les ménages, les travailleurs, les petites entreprises et les populations vulnérables. L’enjeu est plutôt de faire contribuer de manière équitable les acteurs disposant d’une réelle capacité contributive, tout en renforçant la transparence et la responsabilité dans la gestion des ressources publiques.
En clôturant son intervention, Marième Soda Mbacké a exprimé la fierté de CAJUST d’avoir coorganisé cette 14e édition de la Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité avec le Forum Civil, TrustAfrica, l’ITIE et plusieurs autres partenaires.
Elle a également remercié le Réseau africain pour la justice fiscale pour sa confiance, ainsi que les autorités sénégalaises pour les facilités accordées durant la préparation de l’événement. Des remerciements ont enfin été adressés aux panélistes, facilitateurs et participants, dont la mobilisation et la richesse des échanges doivent, selon elle, contribuer à faire avancer l’agenda de la justice fiscale en Afrique.
Oulimata Fall







