Un atelier régional de sensibilisation destiné aux décideurs politiques de la Mauritanie, du Sénégal et de la Guinée-Bissau s’est tenu du 5 au 7 août à Saly. Cette rencontre visait à renforcer l’engagement des parlementaires en faveur de la protection des oiseaux d’eau migrateurs à travers la mise en place d’un réseau de sites le long de la voie de migration Est Atlantique.
Chaque année, des millions d’oiseaux migrateurs empruntent cette voie reliant leurs zones de reproduction en Europe et dans l’Arctique à leurs quartiers d’hivernage en Afrique de l’Ouest. Cette migration dépend étroitement de l’existence de zones humides qui leur offrent des espaces essentiels pour se nourrir, se reposer et se reproduire.
Le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée-Bissau abritent plusieurs de ces zones humides, reconnues à l’échelle internationale pour leur exceptionnelle richesse écologique. Toutefois, ces écosystèmes sont confrontés à de nombreuses menaces, notamment l’urbanisation rapide, la surexploitation des ressources naturelles, la pollution et la prolifération d’espèces exotiques envahissantes. Autant de facteurs qui fragilisent les habitats des oiseaux migrateurs et compromettent les services écologiques qu’ils rendent aux communautés locales.
Président du Réseau des parlementaires pour la protection de l’environnement, l’honorable député Samba Dang a insisté sur la nécessité d’un cadre juridique solide pour préserver ces ressources naturelles.
« Toute action doit être sous-tendue par la loi. Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Les oiseaux sont des ressources naturelles, au même titre que le vent. Ils n’ont pas de frontières et migrent d’un lieu à un autre », a-t-il déclaré.
Évoquant le projet porté par le Partenariat régional pour la conservation de la zone côtière et marine (PRCM), consacré à la création d’un réseau de sites pour les oiseaux migrateurs, M. Dang a appelé les parlementaires à jouer pleinement leur rôle.
« Nous devons être des champions de cette cause en mobilisant les ressources nécessaires au profit des parcs et des aires protégées afin d’assurer une meilleure protection de ces oiseaux », a-t-il ajouté.
De son côté, le directeur de la Direction nationale des aires marines et communautaires protégées (DNCP), le colonel Momar Sow, a rappelé le rôle stratégique des élus dans le financement des politiques de conservation.
« Les parlementaires sont les dépositaires de la redistribution des ressources financières et des allocations budgétaires. C’est pourquoi ils représentent une véritable valeur ajoutée. Il est essentiel que les décideurs politiques soient sensibilisés à ces enjeux. Si les zones humides ne sont pas protégées, les populations d’oiseaux en subiront les conséquences. Or, ces oiseaux sont des bio-indicateurs de la santé des écosystèmes et contribuent au bien-être des populations », a-t-il souligné.
À travers cet atelier, les organisateurs entendent ainsi renforcer les capacités des parlementaires afin qu’ils soutiennent davantage les politiques de conservation des zones humides et des oiseaux migrateurs, dont la préservation constitue un enjeu majeur pour la biodiversité et le développement durable en Afrique de l’Ouest.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour






