La souveraineté économique ne se mesure pas au nombre d’entreprises détenues par l’État. Elle se mesure à notre capacité à créer de la richesse, des emplois et de la valeur ajoutée sur notre territoire.
Le débat sur les ICS est légitime. Mais il mérite lucidité et responsabilité — pas la surenchère de ceux qui découvrent l’économie industrielle à la faveur d’une polémique.
Remettons les faits à leur place : l’État dispose aujourd’hui de 15% du capital d’ICS. Une option de montée à 30% est prévue dans le contrat initial, et l’État s’apprête à l’exercer. Prétendre, comme le font certains relais, que l’État aurait “renoncé aux 100%” pour “se contenter de 30%” relève de la désinformation — il ne s’agit pas d’un renoncement, mais de l’exercice d’un droit contractuel déjà prévu, dans un contexte où l’État n’a pas, à ce stade, la capacité financière d’acquérir 100% des parts.
Ce que nous enseigne l’expérience internationale :
🇳🇴 La Norvège : pas une nationalisation systématique, mais une participation forte de l’État et une gouvernance rigoureuse.
🇲🇦 Le Maroc (OCP) : leader mondial des phosphates grâce à l’investissement, l’innovation et la transformation locale.
🇦🇪 Les Émirats : champions nationaux bâtis sur capitaux internationaux et transferts de technologie.
🇨🇳 La Chine : puissance industrielle née d’un contrôle stratégique combiné à l’ouverture aux marchés mondiaux.
La vraie question n’est pas seulement celle de la propriété. C’est celle de la maîtrise stratégique et de la création de valeur.
Sur ce sujet comme sur d’autres, certains relais politiques et digitaux préfèrent l’émotion aux faits, le slogan à l’analyse. On ne construit pas une politique industrielle sérieuse avec des raccourcis populistes ni des chiffres approximatifs relayés pour les besoins d’une cause. La souveraineté économique mérite mieux que la désinformation : elle mérite des faits, de la rigueur et une vision de long terme.
Nationaliser, c’est porter seul le risque. Maîtriser, c’est sécuriser la gouvernance, protéger l’emploi et ancrer la valeur ajoutée localement.
Le patriotisme économique du XXIe siècle n’oppose pas secteur public et secteur privé. Il construit des partenariats équilibrés au service de l’intérêt national.
Cap sur la Vision Sénégal 2050 : produire plus, transformer plus, exporter plus, employer plus.
La souveraineté n’est pas l’isolement. C’est la capacité à défendre efficacement ses intérêts dans un monde interconnecté.
Oumar Remy Touré





