La Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN) a procédé, ce samedi 7 novembre 2026 à Ziguinchor, au lancement officiel des paiements des subventions du Programme de résilience agricole (PRA) pour l’année 2026. Cette initiative, présidée par la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Selbé Diouf, vise à soutenir les ménages vulnérables exerçant dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.
La cérémonie s’est déroulée en présence du professeur Cheikh Tacko Diop, Délégué général à la Protection sociale et à la Solidarité nationale, ainsi que des autorités administratives, territoriales et des acteurs communautaires.
À Ziguinchor, cette opération concerne directement 3 051 ménages inscrits au Registre national unique (RNU). L’enveloppe destinée au département est estimée à plus de 610 millions de francs CFA, avec un appui financier plafonné à 200 000 francs CFA par ménage bénéficiaire.
Prenant la parole à l’ouverture de la cérémonie, la ministre a indiqué que ce lancement s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la protection sociale et de soutenir les capacités productives des populations vulnérables. Elle a notamment inscrit cette initiative dans le cadre du « Plan Diomaye pour la Casamance », qui traduit l’ambition de mieux valoriser les potentialités économiques et productives de la région.
Selon Marie Angélique Selbé Diouf, l’Agenda national de transformation Sénégal 2050 accorde une place importante aux potentialités de chaque pôle territorial. Pour le pôle Sud, l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’aquaculture constituent des secteurs stratégiques, aux côtés du tourisme et de l’artisanat.
Mis en œuvre par la DGPSN depuis 2018, le Programme de résilience agricole s’inscrit dans une approche de protection sociale adaptative. Il vise à permettre aux ménages ruraux vulnérables de mieux faire face aux chocs économiques et climatiques, notamment à travers l’accès à des intrants agricoles subventionnés et l’accompagnement de leurs activités productives.
Après deux phases pilotes en 2019 et 2021, suivies de deux phases de mise à l’échelle en 2023 et 2024, le programme entame ainsi sa troisième phase en 2026. Au niveau national, 16 037 ménages agrosylvopastoraux et halieutiques sont ciblés dans les départements de Fandène, Guinguinéo, Kaffrine et Ziguinchor.
Pour cette nouvelle phase, l’État du Sénégal a mobilisé une enveloppe globale de 3 milliards 204 millions 400 mille francs CFA. À travers cette intervention, les pouvoirs publics entendent renforcer les moyens de subsistance des ménages bénéficiaires et consolider leur autonomie économique.
Toutefois, la ministre a rappelé que la résilience ne saurait se limiter à un simple transfert financier. Le dispositif prévoit également des actions de sensibilisation, de coaching collectif et de suivi de la production pour accompagner les bénéficiaires dans la gestion des ressources mises à leur disposition.
Elle a ainsi invité les ménages concernés à faire un usage judicieux des subventions reçues, en les consacrant prioritairement aux activités productives prévues dans le cadre du programme. Elle a également appelé les services techniques et les acteurs de proximité à assurer un suivi régulier des bénéficiaires.
Marie Angélique Selbé Diouf a, par ailleurs, insisté sur l’importance de la coordination, de la transparence et de l’implication de l’ensemble des parties prenantes pour garantir la bonne mise en œuvre du programme. Elle a salué la contribution de la Banque mondiale, partenaire de l’État du Sénégal dans le cadre du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PAFS), ainsi que l’engagement de la DGPSN et des équipes techniques mobilisées.
Profitant de cette rencontre, la ministre a également apporté des précisions sur la poursuite des paiements de la Bourse de sécurité familiale. Elle a rassuré les ménages bénéficiaires de Ziguinchor et de l’ensemble de la Casamance que les opérations de paiement, lancées le 1er octobre 2026, se poursuivent sur toute l’étendue du territoire national.
À ce titre, elle a annoncé que l’enveloppe consacrée à cette bourse s’élève à 70 milliards de francs CFA pour l’année 2026 et devrait atteindre 140 milliards de francs CFA en 2027.
À travers le lancement des subventions du Programme de résilience agricole, les autorités entendent ainsi consolider les mécanismes de protection sociale, soutenir les activités génératrices de revenus et renforcer la sécurité alimentaire des communautés rurales. Une démarche qui vise à accompagner les ménages vulnérables non seulement face aux difficultés immédiates, mais également dans la construction de moyens de subsistance plus solides et durables.
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