Au lendemain du Grand Magal de Touba, le constat d’un fort taux d’absentéisme au ministère de la Fonction publique a conduit le ministre Mamadou Lamine Dianté à prendre des mesures. Lors d’une visite de contrôle effectuée lundi 3 août 2026, le ministre a relevé de nombreuses absences dans les services de son département. À l’issue du pointage, 179 agents ont été recensés et devront fournir des explications sur leur absence.
Réagissant à cette décision, le coordonnateur du Collectif des agents de l’administration sénégalaise, Omar Dramé, reconnaît que le ministre a agi dans le respect des textes qui encadrent le fonctionnement de l’administration publique. Selon lui, les dispositions réglementaires, notamment celles relatives au respect des horaires de travail, donnent à l’autorité administrative la possibilité de contrôler la présence des agents et de prendre les mesures nécessaires en cas de manquement.
Toutefois, Omar Dramé estime que la démarche adoptée par le ministre soulève certaines interrogations. Pour lui, si les agents publics sont soumis à des obligations statutaires et réglementaires, il ne faut pas perdre de vue le fonctionnement global de l’administration et les réalités auxquelles les travailleurs sont confrontés.
« L’administration est bien organisée. Les agents qui doivent s’absenter prennent généralement des dispositions en déposant des demandes d’autorisation d’absence ou en prenant leurs congés », explique-t-il.
Le coordonnateur du collectif considère également que cette opération donne le sentiment de viser principalement les fonctionnaires. Selon lui, la fonction publique ne constitue pas à elle seule toute l’administration sénégalaise, et l’attention portée uniquement aux agents de la fonction publique pourrait être perçue comme une forme de stigmatisation.
Pour autant, Omar Dramé ne remet pas en cause le pouvoir de l’autorité ministérielle. Il rappelle que le ministre dispose du droit de prendre des mesures disciplinaires lorsque des manquements sont constatés. Mais, insiste-t-il, la procédure doit suivre son cours normal.
« Nous n’en sommes pas encore au stade des sanctions. Il faut d’abord permettre aux agents concernés de répondre aux demandes d’explication qui leur ont été adressées. Ce sont les arguments fournis qui permettront d’apprécier la suite à donner », souligne-t-il.
Selon lui, plusieurs éléments devront être pris en compte avant toute décision définitive. Certains agents pourraient notamment justifier leur absence par des autorisations, des congés ou encore par les contraintes liées aux missions qui leur sont confiées par l’administration.
Au-delà de cette affaire, le coordonnateur du Collectif des agents de l’administration sénégalaise appelle à une réflexion plus globale sur les conditions de travail des agents publics. Il estime que l’amélioration de la performance administrative passe d’abord par la création de meilleures conditions pour les travailleurs.
Il cite notamment la situation des agents affectés dans les ministères transférés à Diamniadio. Pour lui, les difficultés d’accès aux lieux de travail, le coût du transport et les contraintes liées au déplacement constituent des facteurs qui peuvent avoir un impact sur la ponctualité et le rendement des agents.
« Avant de parler de sanctions, il faut aussi mettre les travailleurs dans de bonnes conditions. Lorsque les conditions ne sont pas réunies, cela peut forcément se répercuter sur le temps de travail et les résultats attendus », estime-t-il.
Toutefois, Omar Dramé rappelle que les responsabilités sont partagées. Si l’État doit veiller à offrir un environnement de travail adapté, les agents publics ont également l’obligation de respecter les règles qui régissent leur fonction.
En attendant les réponses des 179 agents concernés, la procédure suit son cours. L’issue de cette affaire dépendra désormais des explications qui seront fournies à l’autorité ministérielle et de l’appréciation qui en sera faite.
Daouda BA







