Le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération accélère la mise en œuvre du Programme d’amélioration, compétitivité et de l’emploi (PACE), avec une ambition claire : faire du secteur privé le moteur du développement économique dans les pôles territoires, notamment en Casamance.
Selon Moussa Sall, cadre du programme, le PACE s’inscrit dans la nouvelle dynamique impulsée par les autorités à travers l’agenda national de transformation à l’horizon 2050. Ce programme vise à renforcer la compétitivité du secteur privé en s’appuyant sur une meilleure structuration des chaînes de valeur et une identification rigoureuse des filières économiques porteuses.
Dans cette perspective, une étude monographique a été lancée dans le pôle sud, notamment en Casamance. Conduite avec l’appui de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire, cette étude doit permettre de mieux comprendre les réalités économiques locales, d’identifier les contraintes et de valoriser les potentialités existantes.
Malgré des ressources naturelles importantes et des filières prometteuses comme le tourisme, l’anacarde, la mangue ou encore les agrumes, la région peine à tirer pleinement profit de ses atouts. Les acteurs économiques locaux rencontrent encore des difficultés à créer de la valeur ajoutée et à renforcer leur compétitivité sur les marchés.
Pour Moussa Sall, l’enjeu est désormais de structurer ces filières, d’accompagner les entreprises locales à fort potentiel et de doter le pôle territoire de plans d’action efficaces. L’objectif est aussi d’orienter de manière stratégique les financements afin de maximiser leur impact sur la création de richesse et d’emplois.
Cette démarche s’articule également avec les initiatives en cours, notamment celles prévues dans le cadre du plan de développement pour la Casamance. La monographie devra ainsi permettre de mieux capitaliser les projets existants tout en identifiant les freins majeurs à la compétitivité.
Parmi ces obstacles, la question de la connectivité revient avec insistance. L’accessibilité des zones économiques reste un défi majeur, entre les difficultés de transport, les infrastructures insuffisantes et les contraintes logistiques qui freinent le développement des chaînes de valeur.
De son côté, Alsyeni Bangoura, adjoint au gouverneur chargé du développement à Ziguinchor, souligne l’importance de cette étude monographique. Il rappelle que ce processus, déjà engagé dans les régions de Kolda et de Sédhiou, vise à disposer de données fiables et complètes sur le tissu économique local.
L’objectif est notamment de mieux connaître les acteurs de chaque filière, d’analyser les marchés et de guider les investissements publics et privés. Une démarche inclusive a été privilégiée, avec l’implication des services techniques, des collectivités territoriales, des organisations communautaires et des autorités administratives.
Pour les autorités, il s’agit à terme de faire du secteur privé un levier central de la croissance économique. La monographie devrait ainsi combler le déficit d’informations sur des filières pourtant stratégiques, comme l’anacarde, le madd de Casamance ou encore la mangue.
En dotant la région de Ziguinchor d’outils d’analyse et de planification adaptés, le programme PACE entend poser les bases d’un développement économique durable, fondé sur la valorisation des ressources locales et le renforcement de la compétitivité des acteurs économiques.
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