À la veille de l’ouverture du Congrès du Pastef-Les Patriotes prévue ce samedi 6 juin 2026 à Diamniadio, Aldiouma Sow a adressé un message aux délégués et militants du parti pour dénoncer ce qu’il qualifie de « déni de justice interne » et appeler au report du scrutin destiné à élire la nouvelle direction.
Dans une déclaration rendue publique depuis Dakar ce vendredi 5 juin 2026, le responsable politique estime que les conditions d’organisation du Congrès ne respectent ni les statuts ni le règlement intérieur du parti. Selon lui, le calendrier électoral fixé par la Décision n°001/2026/HARP compromet les principes de démocratie interne qui ont toujours fondé l’engagement du Pastef.
Aldiouma Sow reproche notamment à la Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP) d’avoir ignoré certaines dispositions du règlement intérieur adopté en juillet 2025. Il cite en particulier l’article 27, qui prévoit un délai d’une semaine pour le traitement du contentieux électoral, ainsi que l’article 17, qui impose un temps de débat et de consultation à la base avant les votes.
Selon lui, la programmation du premier tour, du traitement des recours et d’un éventuel second tour au cours de la seule journée du 6 juin constitue une violation manifeste des textes internes. Il considère également que le délai de quatorze jours accordé entre la publication des candidatures et le scrutin est insuffisant pour permettre aux coordinations, sections et militants d’examiner les programmes des candidats et les textes d’orientation soumis au Congrès.
Le responsable politique affirme que cette situation prive les militants d’un véritable débat démocratique et crée une rupture de l’égalité des chances entre les différents prétendants à la présidence du parti. À ses yeux, le maintien du processus électoral dans ces conditions s’apparente à un « coup de force temporel » et à un « simulacre de scrutin ».
« Nous refusons de cautionner cette parodie de démocratie qui piétine l’ADN de notre mouvement pour installer une gouvernance messianique », écrit-il, tout en rappelant que le Pastef s’est historiquement opposé au non-respect des règles et aux faits accomplis dans la vie publique nationale.
S’adressant directement aux délégués appelés à participer au Congrès, Aldiouma Sow les invite à exercer pleinement leur mandat en exigeant, dès l’ouverture des travaux, la suspension de l’ordre du jour électoral. Il plaide pour que les assises soient consacrées exclusivement aux débats d’orientation politique, conformément aux dispositions statutaires du parti.
Il appelle également les congressistes à refuser de participer à des scrutins qu’il juge précipités et à rappeler à la direction provisoire que nul ne peut se placer au-dessus des textes régissant l’organisation.
Concluant son message sur un ton solennel, Aldiouma Sow estime que les délégués détiennent désormais la responsabilité de préserver la démocratie interne du Pastef. « Le Congrès appartient aux militants, pas à ceux qui s’affranchissent des lois pour s’imposer », affirme-t-il, exhortant les participants à « sauver l’ADN démocratique du Pastef » par leur vote ou par leur refus de cautionner le processus électoral en cours.
Emedia








