La politique porte en elle mille mondes. Son relief épouse les variations de l’échiquier. Celui-ci ne présente pas un tableau homogène. Les acteurs et les situations s’enchevêtrent. D’où la complexité de cet univers au sein duquel se télescopent des ambitions qui ne s’ordonnent pas pour être mieux perçues.
Il s’avère difficile dans ces conditions de démêler l’écheveau avec une valse ininterrompue d’intrigues ou de trames, de cabales ou de conjurations. Ces pratiques nocives (et quasi permanentes) éloigne la classe politique déjà pléthorique du temps fonctionnel pour se réfugier dans un espace sombre où l’absence de règles de jeu donne libre cours à l’antijeu.
Un tel contexte secrète un désordre indescriptible. Certains s’y plaisent, d’autres s’y perdent. D’autres encore redoutent que les tensions qui résultent de ces pressions ne produisent l’effondrement de l’écosystème déjà fragilisé par l’arrivée sur la scène de nouveaux acteurs inexpérimentés pour la plupart et qui n’ont en bandoulière que l’invective, la parole blessante, l’outrecuidance ou simplement l’indécence.
La scène est peuplée de ces saillies qui contrastent avec les urgences du moment complètement éludées par les politique. Volontairement, ils déplacent le curseur vers des sujets barbants, sans… relief aucun plutôt que de se focaliser sur les préoccupations des populations. Lesquelles découvrent, ahuries, que les faussaires en politique dominent l’espace au plan numérique. Archaïsmes. Tandis que les gens vrais s’esbignent.
Et par cet effet nombre, ils parviennent à dicter leur agenda et à travestir les faits en imposant leur grille de lecture qui relève d’une technique éprouvée de manipulations, de mensonges arrangés, de déni des réalités, de falsification, d’imposture, d’usurpation ou de négation. On le devine, la liste n’est guère exhaustive. Ce faux rituel, désormais admis comme une « conquête », donc un acquis, nous installe dans la dissimulation propice à l’éclosion et à l’acceptation de pratiques toxiques.
Au sein de cette faune bigarrée et peu fréquentable, s’agitent de « petites mains » outrecuidantes et désinvoltes dont l’arrogance le dispute à l’irrespect à l’égard des populations perçues comme du bétail électoral. Pauvres personnes qui se sentent trahies ! Pauvres « Cent culottes » aux basques de politiques qui ont tourné le dos ! Qui viendrait dès lors à leurs secours pour plaider leur cause ? Pas grand monde.
Les politiques se servent d’elles mais ne les servent pas en retour. Ils se comportent tous de la même manière, peu importe les clans auxquels ils se rattachent. En d’autres termes, ils portent ce qu’ils n’incarnent pas et incarnent ce qu’ils ne portent pas. Une quadrature du cercle presque insoluble, politiquement parlant. Tous promettent la transformation d’un quotidien ordinaire et, une fois au pouvoir, s’en détournent et nourrissent leurs discours de spéculations en misant sur le temps long comme une panacée ou une variable d’accommodement.
« L’oubli est la ruse du diable », dit un adage camerounais.Omission, peut-être, subtilement entretenue pour évacuer despromesses « impossibles à honorer ». Une telle indifférence au sort des populations les dépouille de leur dignité. Elles s’aperçoivent que la politique mine le pays. Elles s’en désolent mais ne passent pas à l’acte de rupture avec des pratiques d’uneautre époque.
Contre toute attente, la politique prospère sous nos yeux. Sinon comment s’expliquer cet emballement autour d’un vaudeville politique qui irrite plus qu’il n‘inspire. L’activisme débordant de KIIRAAY fait pendant au constant déploiement de PASTEF. L’un et l’autre partis, issus de la même famille politique, écument les régions pour y préempter une présence, une activité à l’aide d’une figure locale assez représentative pour être brandie en un trophée de guerre.
Les deux formations livrent une bataille sans merci avec pour enjeu les prochaines élections locales qui finiraient par les départager en prévision de la présidentielle de 2029. De ce fait, elles ne se font pas de quartier dans cet impitoyable duel. Les rôles s’inversent : Sonko, jadis loquace et volubile, se met en retrait et privilégie désormais le silence. Une telle attitude déroute les commentateurs et les éditorialistes.
Pour sa part, le président Diomaye multiplie les apparitions au point de se dédoubler afin de se montrer. Et, au gré de ses fréquents contacts, il escompte l’élargissement de sa base électorale en consolidant sa base affective dans sa zone natale. L’actuel Président de l’Assemblée nationale adopte une conduite plus sobre. Elle frise même l’effacement qui ne sied point au personnage qu’il a toujours incarné. Sans doute se met-il en réserve, peut-être en retrait, non sans se montrer attaché à une discrétion qu’il s’est imposée.
A quelle fin ? S’attendrait-on à l’arrivée d’un Sonko nouveau à l fin de son hibernation. Nul doute que l’épais silence qui l’entoure intrigue sur le sens, la portée et l’effet. Dans sa réclusion actuelle, le bouillant leader du Pastef s’est à l’évidence assagi. Il s’agace certes d’être moins actif que d’habitude. L’isolement lui permet en revanche, d’apprécier la versatilité de nombre de Sénégalais. Hier ils le plébiscitaient avec des colliers de mots. Aujourd’hui ils le vouent aux gémonies.
En un temps si court, les renversantes versions de uns et des autres l’amuse. Les procès d’intention fusent. Il encaisse. Son monde s’effondre-t-il à mesure que se détricote son influence ? Pour la première fois il va se mettre dans une inhabituelle posture de réaction aux fins de se justifier ou flétrir alors que l’offensive était son arme de prédilection ! Il en usait jusqu’à en abuser au grand bonheur de ses adversairesqui exploitaient ses emportements et ses envies d’en découdre.Sonko sur la défensive ?
Inimaginable, il n’y guère longtemps ! Serait-il alors une « bête blessée » ? Pas si sûr. La circonspection doit être de rigueur. En attendant, cx il sait une chose au moins : le temps s’égrène. Pour qui sonne-t-il le glas ? Un larron qui se rend invisible serait-il aux aguets ?
Le Président Diomaye n’ignore pas la dimension temporelle dans ses propres projections politiques. Tous les deux voient les délais se raccourcir. Beaucoup de travail en vue.
Que compte faire l’opposition ? Au juste qui l’incarne face au régime ? Elle aussi adopte le silence comme démarche et ne veut en aucune façon afficher au grand jour ses intentions. Ses ténors se montrent discrets et habiles, privilégiant plutôt la proximité afin de circonscrire ses périmètres d’influence. Amadou Bâ, Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Thierno Alassane Sall, Barthéllémy Diaz, sillonnent le pays des profondeurs. Ils ont rarement regardé le pays réel de si près…
Autant dire que l’opposition met à profit ses fréquents déplacements pour peaufiner sa stratégie fondée sur une écoute attentive des doléances, des récriminations et des déceptions. Iront-ils jusqu’à draguer les déçus du Pastef ? Ou patientent-ils jusqu’à maturation du mécontentement qui finirait par des migrations massives d’électeurs vers de nouveaux pôles d’adversités ? Certains de l’opposition l’espèrent. D’autant que le score de 54 % obtenus par Diomaye à la présidentielle de 2024 se divise maintenant.
Néanmoins, rien n’indique pour l’instant l’exacte répartition des suffrages entre chers compagnons d’hier devenus, à la faveur d’un féroce appétit de pouvoir, des protagonistes irréconciliables. Vraiment irréconciliables ? Gardons-nous de pronostics hâtifs et privilégions la mesure…. Tout en détectant le frémissement de signaux ou de visiteurs du soir, assez actifs ces temps-ci.
La ruée des élus locaux vers le parti présidentiel constitue un indice tangible d’un probable mouvement de bascule. Le coude-à-coude se prolonge. Qui des deux va balayer sous le tapis ? Le premier à se recentrer pour coller à son identité ramasserait la gamelle.
Le parent pauvre de ce climat de bras-de-fer n’est autre que l’économie reléguée au second plan. Le gel des investissements, ils n’en parlent pas. La relance de la croissance par le redémarrage du secteur productif, ils n’en parlent pas non plus. L’emploi, subordonné à ces deux leviers, vit des heures sombres avec des risques de réduction des effectifs et de mise au chômage d’une partie des salariés d’entreprise.
Ce scénario inquiète les syndicats, les partenaires sociaux, l’Etat et les familles surtout en cette veille de rentrée laborieuse des classes sur fond d’une abondante pluviométrie qui a mis à rude épreuve bien des foyers impactés par de précaires relogements dans les écoles.
Complexité de l’époque,
Types, traits, fluctue, culture générale, imagination faible. insaisissable, course aux honneurs, tabous désuets,
Pagaille ruisselle à Dakar. D’autres villes de l’intérieur subissent le même sort. Les récentes pluies tombées au Sénégal ont eu pour caractéristiques communes d’être à la
Par Mamadou NDIAYE









