Les travaux du poste de santé de Keur Babou Diop et l’électrification de Keur Nalla sont de nouveau suspendus. Le maire, Alassane Mbaye, appelle le coordonnateur du programme à les achever rapidement.
À Keur Babou Diop, dans la commune de Porokhane, le poste de santé en construction est à l’arrêt. Pour les habitants, le chantier est bloqué depuis plus de deux ans. Dans ce village, l’un des plus importants de la commune, se soigner suppose de parcourir de longues distances.
« Entre nous et Porokhane, il y a environ 9 kilomètres. Et pour Keur Moussa, environ 8. Avant la construction de la route, une femme a failli mourir pendant son évacuation vers Porokhane, pour un accouchement. C’est dire que c’est très difficile », témoigne Pape Camara, habitant du village.
Pour Babacar Diop, frère du chef de village, ce poste était une urgence : « Nous sommes en zone frontalière et entourés de nombreux villages. Les délais d’exécution sont épuisés, et le chantier est à l’arrêt. » Les populations demandent la reprise des travaux, « pour avoir des soins de qualité et de proximité ».
Le maire confirme un « arrêt total »
Contacté, le maire de Porokhane, Alassane Mbaye, confirme que les chantiers sont « vraiment à l’arrêt total ». Selon lui, le programme a été obtenu en 2023 et les travaux ont démarré, mais tout s’est interrompu depuis 2024.
L’élu dit avoir multiplié les correspondances. Une décision présidentielle a conduit le coordonnateur du programme à se rendre à Nioro, où il a été reçu par le préfet, le sous-préfet et le maire. Il leur a expliqué que l’arrêt était lié à un état des lieux nécessaire avant de repartir. Les travaux ont repris quelques mois plus tard, avec du matériel sur place et des ouvriers à l’œuvre. Mais, d’après le maire, ils sont de nouveau stoppés depuis un certain temps, sans que la commune en connaisse la raison.
Le projet d’électrification du village de Keur Nalla, dernier village avant le bassin versant de Keur Diata, connaît le même sort. Les poteaux sont installés, mais il n’y a pas de raccordement depuis près de deux ans. « On reçoit beaucoup de pression de la population, qui ne comprend pas pourquoi les villages environnants, comme Daga, sont déjà électrifiés », explique le maire.
« Cela n’honore pas le Sénégal »
Ce qui le préoccupe le plus, c’est que les habitants de Keur Babou Diop se rendent régulièrement en Gambie pour se soigner. « Je crois que cela n’honore pas le Sénégal », déclare Alassane Mbaye, qui parle d’une demande sociale et d’un « cri de cœur ».
Rappelant que la santé est une compétence transférée aux collectivités, il assure que la commission de santé de la mairie accompagnera le poste afin qu’il devienne « un poste de référence sanitaire ». Il demande au coordonnateur du programme, avec qui il a échangé deux heures en présence du préfet et du sous-préfet, puis à deux autres reprises, de terminer les travaux « le plus rapidement possible, pour l’intérêt exclusif des populations ».
Sékou Diallo, Emedia Kaolack







