
À l’ouverture de la conférence régionale consacrée à la réinsertion sociale des personnes détenues, à Dakar, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a réaffirmé la nécessité de placer la réinsertion au cœur de la politique pénitentiaire. « La liberté reste le principe et la détention l’exception », a-t-il déclaré devant des experts internationaux venus d’Allemagne, du Maroc, de Tunisie et d’Algérie pour échanger sur les défis liés à la détention et à la préparation au retour à la vie sociale.
Au cœur des discussions, une question essentielle a été soulevée par Me Moussa Sarr : « Que voulons-nous qu’il advienne d’un homme ou d’une femme au terme de sa détention ? » Cette interrogation intervient dans un contexte marqué par la surpopulation carcérale et la persistance de la récidive, deux défis auxquels les autorités entendent apporter des réponses durables. Pour le gouvernement, la prise en charge des détenus doit reposer sur une approche globale combinant sécurité, formation professionnelle et accompagnement individualisé.
« Punir ne signifie donc pas renoncer à reconstruire », a insisté le ministre de la Justice, rappelant que la préparation à la sortie de prison doit commencer dès l’incarcération. Dans cette dynamique, le Premier ministre a autorisé le recrutement de 418 agents supplémentaires au sein de l’Administration pénitentiaire pour l’année 2026. Cette mesure vise à renforcer les moyens humains de l’institution et à soutenir les efforts d’amélioration de la prise en charge des détenus.
Parallèlement, plusieurs initiatives économiques et professionnelles sont mises en avant pour favoriser l’autonomie des personnes détenues et faciliter leur retour dans la société. Parmi elles figurent des boulangeries de réinsertion, une unité de production laitière ainsi que des projets de riziculture dans le nord du pays. Ces activités visent à transmettre des compétences pratiques aux détenus et à leur offrir de nouvelles perspectives professionnelles à leur sortie de prison.
Le ministre a également souligné le rôle déterminant de l’institution judiciaire dans la mise en œuvre des mesures d’aménagement de peines et de probation. Le recours à ces dispositifs constitue un levier pour favoriser une transition progressive vers la liberté, tout en tenant compte des impératifs de sécurité publique et de prévention de la récidive.
Toutefois, Me Moussa Sarr a rappelé que la réussite de la réinsertion ne saurait reposer uniquement sur l’administration pénitentiaire et les services judiciaires. « La réinsertion est une responsabilité collective, qu’aucune institution ne peut porter seule », a-t-il souligné, appelant à une mobilisation des collectivités territoriales, des entreprises et de la société civile.
Au-delà des mesures annoncées, l’ambition est de faire de la prison un espace où la sanction peut également ouvrir la voie à l’apprentissage, à la reconstruction personnelle et à la préparation d’un nouvel avenir. « La privation de liberté ne doit pas signifier la privation du savoir », ont rappelé les autorités, qui entendent donner à chaque détenu les moyens de se réinsérer dignement dans la société.
À travers cette conférence régionale, les autorités réaffirment ainsi leur volonté de promouvoir une justice pénale qui ne se limite pas à la sanction, mais accorde une place essentielle à la réhabilitation des personnes condamnées et à la prévention de la récidive. Car si la porte de la prison peut s’ouvrir en une seconde, reconstruire une vie exige du temps, des moyens et l’engagement de toute la société.
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