Le collectif des habitants de Ndoukhoura Peulh 2 est de nouveau monté au créneau pour dénoncer les graves nuisances environnementales et sanitaires causées par l’usine Africa Feed. Face à la presse, le porte-parole du collectif, Mamadou Ba, a exigé des autorités étatiques la fermeture et le déplacement pur et simple de cette unité industrielle, qu’il qualifie de « criminelle de l’environnement ».
Selon le collectif, une lueur d’espoir était apparue après une interruption de 18 mois des activités de l’usine, suivie d’une inspection de la Commission de la protection civile le 22 avril dernier. Menée par l’adjoint au préfet de Rufisque, cette mission de vérification aurait révélé que les promoteurs d’Africa Feed ne disposaient d’aucun document légal les autorisant à exercer. Un délai de 30 jours leur avait alors été accordé pour se mettre en règle, sous peine de fermeture.
Pourtant, le constat sur le terrain reste inchangé. Le collectif déplore une reprise intensive et ininterrompue des activités de l’usine, au mépris des injonctions administratives. Les résidents interpellent directement le préfet de Rufisque sur ce qu’ils soupçonnent être une complicité passive ou un manque de suivi des décisions officielles.
Initialement prévue pour la production de peinture à chaud, l’usine s’est transformée, au fil des ans, en une unité de fabrication d’huile et de farine de poisson, et ce, d’après les riverains, sans aucune étude d’impact environnemental préalable. Située à proximité immédiate de la route nationale et des habitations de Ndoukhoura, Dougar et Mbounka, l’usine est accusée de rejeter des fumées et des eaux usées hautement toxiques.
Au-delà des odeurs nauséabondes quotidiennes, les conséquences sur la santé publique sont jugées alarmantes par les habitants. Les cas de maladies respiratoires chroniques, notamment l’asthme chez les enfants, ainsi que les cas d’avortements spontanés, se seraient multipliés dans la zone. La situation est devenue si intenable que plusieurs propriétaires ont été contraints d’abandonner leurs habitations.
Face à l’échec des démarches locales entreprises depuis une décennie, le collectif durcit le ton et lance un appel solennel aux plus hautes autorités du pays, notamment au ministre de l’Environnement, au Premier ministre ainsi qu’au président de la République, Bassirou Diomaye Faye.
S’appuyant sur la Constitution sénégalaise, qui garantit le droit à un environnement sain, les populations exigent l’arrêt immédiat des activités d’Africa Feed. Le collectif invite l’ensemble des organisations de défense de l’environnement à rejoindre leur cause et annonce le dépôt imminent d’une plainte collective auprès de la Direction de l’Environnement et des Établissements classés (DEEC). Un plan d’action soutenu est d’ores et déjà annoncé jusqu’à l’obtention de la délocalisation définitive de l’usine.
Emedia








