La gestion des ressources naturelles et des finances publiques suscite une nouvelle polémique au Sénégal. Au lendemain des révélations faites par le Premier ministre Al Aminou Lô, le 8 septembre 2026, lors de sa Déclaration de Politique Générale à l’Assemblée nationale, trois organisations de la société civile demandent des explications sur une somme de 55 millions de dollars, soit environ 30 milliards de FCFA, qui aurait dû être recouvrée par l’État dans le cadre du dossier gazier Yakaar-Teranga.
L’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable ont exprimé leur vive préoccupation face aux déclarations du chef du gouvernement concernant le retrait de la compagnie Kosmos Energy du projet et les fonds qui, selon les informations communiquées, n’auraient pas été récupérés par l’État sénégalais.
Dans un communiqué conjoint, les trois organisations réclament toute la lumière sur les circonstances ayant entouré cette situation. Elles demandent notamment que les autorités fournissent des explications publiques, précises et documentées sur la base juridique de cette éventuelle non-récupération des fonds, ainsi que sur les décisions et responsabilités qui auraient conduit à cette situation.
La société civile souhaite également que soient rendus publics les accords conclus entre l’État du Sénégal et Kosmos Energy afin de permettre aux citoyens de comprendre les conditions financières et juridiques qui encadrent le dossier.
Compte tenu des enjeux financiers et stratégiques liés aux ressources naturelles du pays, l’OSIDEA, l’ONG 3D et le Forum du Justiciable appellent l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) à s’autosaisir du dossier. Les trois organisations invitent également l’Assemblée nationale à exercer pleinement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Les signataires du communiqué — Cheikh Oumar Sy pour l’OSIDEA, Moundiaye Cissé pour l’ONG 3D et Babacar Ba pour le Forum du Justiciable — précisent que leur démarche ne vise pas à mettre en cause une entité particulière, mais à obtenir des réponses au nom de la redevabilité et de l’intérêt général.
Dans un contexte marqué par de fortes contraintes économiques et budgétaires, les organisations estiment que toute question relative à la gestion des revenus issus des ressources naturelles doit faire l’objet d’une transparence totale.
Pour elles, la gestion des ressources publiques ne peut se soustraire au contrôle citoyen. Elles rappellent ainsi que la transparence, la traçabilité des décisions et la reddition des comptes constituent des exigences essentielles de la gouvernance démocratique et une obligation envers le peuple sénégalais.
Emedia







