La protection des lanceurs d’alerte est au cœur d’un séminaire organisé à Dakar du 21 au 23 octobre 2026 à l’initiative de l’Association des ombudsmans et médiateurs de la Francophonie (AOMF), en collaboration avec le Médiateur de la République du Sénégal. Cette rencontre réunit plusieurs acteurs de la médiation francophone autour du statut des lanceurs d’alerte, des garanties qui leur sont accordées et des mécanismes permettant d’encadrer les signalements.
Pour le Médiateur de la République du Sénégal, Demba Kandji, cette réflexion s’inscrit dans une dynamique de promotion de la bonne gouvernance et de renforcement du fonctionnement du service public. Il estime que le lancement d’alerte constitue un levier important pour signaler les dysfonctionnements et contribuer à la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Toutefois, le médiateur souligne la nécessité de trouver un équilibre entre la protection des lanceurs d’alerte et celle des personnes mises en cause. Il rappelle que les signalements peuvent parfois être motivés par des règlements de comptes ou des intentions diffamatoires. L’enjeu est donc de garantir un cadre qui protège les personnes qui signalent des faits tout en prévenant les abus.
Les travaux doivent permettre d’évaluer la portée du cadre normatif sénégalais et de déterminer si les garanties existantes sont suffisantes ou si des améliorations s’imposent. Demba Kandji estime qu’il est prématuré de se prononcer sur cette question avant la fin des échanges. Les conclusions du séminaire devraient ainsi contribuer à identifier les ajustements nécessaires et à encourager les autres pays francophones à renforcer leurs dispositifs de protection.
De son côté, Nicolas Lagasse, médiateur de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles et président de l’AOMF, explique que le choix de Dakar répond notamment à une initiative du Médiateur de la République du Sénégal. Il souligne que plusieurs pays francophones cherchent à se doter d’une législation sur les lanceurs d’alerte, tandis que d’autres souhaitent évaluer et améliorer les lois déjà en vigueur.
Selon lui, le Sénégal présente un intérêt particulier dans cette réflexion, parce que sa législation s’est inspirée de dispositifs existant dans d’autres pays africains et européens. Le séminaire constitue ainsi une occasion de comparer les différentes approches, de partager les expériences et d’identifier les pratiques susceptibles d’améliorer les cadres juridiques.
Au-delà de l’adoption des textes, Nicolas Lagasse insiste sur l’importance de leur application effective. Pour lui, l’existence d’une loi ne garantit pas à elle seule une protection réelle des lanceurs d’alerte. Sa mise en œuvre demeure essentielle pour assurer l’efficacité du dispositif et renforcer la confiance des personnes souhaitant signaler des faits.
À travers cette rencontre, les médiateurs francophones entendent contribuer à une meilleure protection des lanceurs d’alerte et à la consolidation de la bonne gouvernance et de l’État de droit. Les délibérations devront permettre de dégager des pistes d’amélioration adaptées aux réalités des différents pays participants.
Khady Seck







